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Résumé : Lorsque la sélection marocaine foule à nouveau les pelouses de la Coupe du Monde en 2018, c’est tout un peuple qui retrouve le souffle et la ferveur d’un passé glorieux. Retour sur l’épopée du Maroc en Russie, une aventure entre émotions, défis et héritage pour le football marocain.
Au printemps 2018, l'attente grandit dans tout le Royaume. Après vingt années d'absence en Coupe du Monde, les supporters marocains préparent leur voyage vers la Russie tandis que les Lions de l'Atlas terminent leur préparation. Le Maroc s'apprête à disputer la cinquième phase finale de Coupe du Monde de son histoire, après 1970, 1986, 1994 et 1998.
Lorsque la Fédération Royale Marocaine de Football lance les derniers préparatifs pour la Coupe du Monde 2018, rares sont les supporters à oublier les longues années d’absence. Depuis la dernière participation en 1998, chaque génération a vu défiler espoirs déçus et éliminations cruelles. Le souvenir de la génération dorée de 1986, première équipe africaine à franchir les huitièmes, reste vivace dans toutes les mémoires, tout comme celui d’une qualification inespérée en France en 1998. Pourtant, durant vingt années, les Lions de l’Atlas devront composer avec des éliminations précoces, instabilité sur le banc, et profondes remises en question du football marocain, aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale.
C’est au cœur de cette attente qu’émerge l’espoir d’un retour sur la scène mondiale. Progressivement, les centres de formation s’organisent, les talents s’expatrient à travers l’Europe, et le football marocain modernise ses structures. Mais rien n’assure encore un retour aux plus hauts sommets. À chaque campagne de qualification, la pression s’intensifie.
Le chemin vers la Russie n’a rien d’une formalité. Placé dans le groupe C des qualifications africaines aux côtés de la Côte d’Ivoire, du Gabon et du Mali, le Maroc ne part pas favori. Sous la direction du sélectionneur Hervé Renard, nommé en 2016, l’équipe nationale entame la campagne avec discrétion mais détermination.
Cette campagne qualificative confirme la progression du Maroc. Invaincus durant le dernier tour des éliminatoires, les Lions de l'Atlas décrochent leur qualification pour la Coupe du Monde 2018 grâce à une organisation défensive exemplaire, une grande discipline tactique et une remarquable cohésion collective. Ce parcours renforce la confiance du football marocain et confirme le retour du Royaume parmi les meilleures sélections du continent africain.
Quelques semaines avant le début de la compétition, le staff marocain entre dans la phase technique la plus délicate. Hervé Renard, dont la rigueur tactique est saluée bien au-delà du continent africain, doit composer sa liste finale de 23 joueurs. L’équilibre entre jeunesse et expérience est au cœur de tous les débats.
La moitié de l’effectif évolue alors dans le championnat européen. Mehdi Benatia (Juventus Turin) prend le brassard en défense, fort de son expérience en Italie. L'effectif rassemble plusieurs joueurs évoluant dans les plus grands championnats européens. Mehdi Benatia apporte son expérience en défense, Hakim Ziyech dirige le jeu offensif, Achraf Hakimi confirme son immense potentiel tandis que Karim El Ahmadi, Nordin Amrabat, Mbark Boussoufa et Youssef En-Nesyri complètent un groupe équilibré, composé de joueurs issus de parcours variés mais réunis autour d'un même objectif : représenter le Maroc au plus haut niveau. Ce melting-pot devient la richesse du groupe.
Une grande partie de la préparation est organisée au Complexe Mohammed VI de Maâmora ainsi qu'au cours de stages programmés avant le départ vers la Russie. Les séances d’entraînement s’enchaînent sous le regard attentif du public, puis l’équipe s’envole pour la Russie. Hervé Renard insiste sur la discipline collective et sur la gestion de la pression médiatique, consciente du poids historique de l’événement.
La phase de groupes réserve au Maroc un tirage redouté dès son annonce : Portugal, Espagne, Iran. Aucun adversaire n’est à négliger. Pourtant, c’est l’Iran qui se dresse en premier sur la route des Lions de l’Atlas.
| Match | Date | Lieu | Score | Buteurs marocains |
|---|---|---|---|---|
| Maroc – Iran | 15 juin 2018 | Saint-Pétersbourg Arena, Saint-Pétersbourg | 0-1 | – |
| Portugal – Maroc | 20 juin 2018 | Luzhniki Stadium, Moscou | 1-0 | – |
| Espagne – Maroc | 25 juin 2018 | Kaliningrad Stadium, Kaliningrad | 2-2 | Khalid Boutaïb, Youssef En-Nesyri |
La tension est palpable dans l’antre de Saint-Pétersbourg. Après une première mi-temps dominée, les Marocains subissent un dernier coup du sort : un but contre son camp à la 95e minute prive les Lions d’un point précieux. Ce scénario douloureux complique l’équation pour la suite du tournoi.
Face à Cristiano Ronaldo et au Portugal, le Maroc affiche un jeu ambitieux et se crée de nombreuses occasions. La défaite 1-0, sur une tête de Ronaldo, suscite des regrets, tant la performance marocaine séduit les observateurs. Les supporters saluent la combativité et le panache de leurs joueurs.
Il reste un match, et c’est contre l’Espagne, championne du monde 2010. À Kaliningrad, le Maroc ouvre le score par Khalid Boutaïb, puis fait trembler la Roja après un but de Youssef En-Nesyri. L’Espagne arrache l’égalisation dans les dernières secondes. Ce nul 2-2, acquis avec brio, devient l’un des plus beaux souvenirs de la compétition, ponctué par la fierté incontestable des joueurs et des supporters.
Le tournoi, malgré l’absence de qualification pour les huitièmes de finale, laisse l’empreinte d’une équipe combative et respectée par l’ensemble du monde du football.
Sous la direction d’Hervé Renard, double vainqueur de la Coupe d’Afrique des Nations avec la Zambie puis la Côte d’Ivoire, la sélection marocaine retrouve constance et organisation. L’accent est mis sur la rigueur défensive et la discipline collective, éléments qui transparaissent tout au long de la compétition.
Le staff technique ne laisse rien au hasard. Analyse vidéo, préparation mentale, adaptation aux exigences de la FIFA : tout est méticuleusement préparé. Hervé Renard, souvent vêtu de sa chemise blanche fétiche, devient un symbole d’unité et de confiance.
L’encadrement technique, où figurent Mustapha Hadji et d’autres figures du football marocain, joue un rôle décisif dans la cohésion du groupe.
Au-delà du terrain, la participation du Maroc à la Coupe du Monde FIFA 2018 s’inscrit dans une dynamique plus large. Après vingt ans loin des projecteurs, la sélection nationale redonne un immense espoir à toute une génération. Les matchs en Russie, suivis par des millions de téléspectateurs à travers le Royaume, incarnent l’unité nationale autour du football.
Au Maroc, chaque jour de match devient une fête nationale. Les scènes de liesse après le but d’En-Nesyri face à l’Espagne démontrent la capacité du sport à transcender les clivages. L’épopée russe inspire les clubs locaux, booste l’intérêt pour la formation et suscite de nouvelles vocations parmi les enfants et les éducateurs sportifs.
Ce parcours alimente aussi la réflexion des instances marocaines sur la politique sportive du Royaume : formation, infrastructures, professionnalisation des championnats et intégration de la diaspora. Dès l’année suivante, le football marocain renforce ses investissements dans la détection des talents, tout en poursuivant son rêve mondial.
Avant la Coupe du Monde en Russie, le Maroc avait participé à quatre éditions : 1970, 1986, 1994 et 1998.
Parmi les plus en vue figurent Mehdi Benatia, Hakim Ziyech, Nordin Amrabat, Achraf Hakimi, Khalid Boutaïb et Youssef En-Nesyri, brillants tant sur la pelouse que par leur attitude exemplaire.
Le Maroc termine quatrième de son groupe, avec un nul et deux défaites. Malgré un niveau de jeu salué, les Lions de l’Atlas paient les scénarios défavorables et les hésitations arbitrales.
La Coupe du Monde 2018 a ravivé l’intérêt populaire pour l’équipe nationale et contribué à renforcer la structuration du football marocain, de la formation jusqu’aux instances fédérales.
La qualité technique, la solidarité sur le terrain, ainsi que la ferveur des supporters ont fait du Maroc l’un des outsiders les plus remarqués, malgré l’élimination au premier tour.
À la fin du parcours russe, les Lions de l’Atlas regagnent Casablanca sous l’ovation. Leur élimination n’efface en rien la richesse de leur aventure. Même sans qualification pour les huitièmes de finale, la campagne russe marque un tournant. Le Maroc retrouve sa place parmi les grandes nations du football mondial et pose les bases d'une génération qui atteindra son apogée quatre ans plus tard au Qatar. Pour beaucoup de supporters, la Russie représente moins une fin qu'un nouveau départ. Elle a posé les jalons d’une génération encore plus ambitieuse, dont l’histoire continue aujourd’hui à s’écrire sur les terrains du Maroc et du monde entier.
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